Installer une fenêtre, un jour de souffrance ou une ouverture dans un mur est souvent un choix esthétique ou pratique. Mais attention : en droit des biens, ces aménagements peuvent vite devenir source de litige si les règles de distance et de vue sur la propriété voisine ne sont pas respectées. L’article 3.132 du Livre 3 du Code civil fixe aujourd’hui les principes à suivre pour protéger à la fois la propriété et la vie privée. Voici ce qu’il faut savoir avant de vous lancer dans les travaux de vos rêves.
1. Les ouvertures et ouvrages divers : une question de mesure et de respect de la mitoyenneté
Le principe est simple, vous pouvez réaliser des fenêtres ou tout autre ouvrage, pour autant :
- Qu’ils soient placés : distance minimale de 19 décimètres (1,90 mètre) de la limite des parcelles (vos propriétés respectives) ;
- Qu’ils ne soient pas prévus dans ou sur un mur considéré comme mitoyen ;
Cette distance se mesure à partir de l’endroit le plus proche de l’extérieur de la fenêtre, jusqu’à la limite séparative des propriétés. L’objectif est simple : garantir la protection de la vie privée tout en permettant à chacun de profiter de sa propriété sans être observé.
Exemple concret : une fenêtre donnant directement sur le jardin du voisin doit être située à plus de 1,90 mètre de la limite de propriété, sauf accord exprès de ce dernier.
2. Les autres ouvrages concernés
Les règles de distance ne visent pas uniquement les fenêtres. Elles s’appliquent aussi à tout ouvrage permettant de voir chez le voisin : balcons, terrasses, passerelles ou plates-formes. Dès qu’un ouvrage offre une vue sur le fonds voisin, l’article 3.132 du livre 3 du Code civil impose de respecter la même logique : protéger la vie privée et prévenir les conflits de voisinage.
3. Quels droits pour le voisin ?
Si la distance légale n’est pas respectée, votre voisin pourra demander la démolition des ouvrages problématiques, sauf à considérer, soit :
- L’existence d’un accord entre vous et votre voisin ;
- Qu’au moment de la réalisation des travaux, la parcelle appartenait au domaine public « ou était un bien indivis accessoire à la construction dont l'ouvrage concerné fait partie » ;
- Qu’ils ne peuvent créer des risques pour la vie privée ou les relations de voisinage ;
- Qu’ils se trouvent depuis au moins trente ans à cet endroit ;
4. Avant de vous lancer dans les travaux : quelques réflexes essentiels
Avant tout projet d’ouverture (le vôtre ou celui de votre voisin), il est recommandé de :
- Vérifier la distance légale par rapport à la limite de propriété ;
- Consulter un professionnel en cas de projet complexe (architecte, géomètre, avocat en droit immobilier) ;
- Vérifier que le projet n’est pas soumis à permis d’urbanisme ;
- Envisager un accord écrit avec le voisin lorsque la configuration du terrain l’impose ;
- Eviter de signer des plans ou tout autre document qui seraient présentés par l’architecte de votre voisin ou ce dernier, sans avoir pris vos renseignements préalables ;
Une ouverture non conforme peut entraîner :
- Une demande de suppression de l’ouvrage ou d’occultation de la fenêtre ;
- Une action en justice pour atteinte à la vie privée ou trouble de voisinage ;
- Des frais de remise en état parfois considérables.
En conclusion
Les distances pour les ouvertures, terrasses et balcons ne relèvent pas de simples considérations techniques. Elles sont le reflet d’un équilibre entre deux droits fondamentaux : la jouissance de son bien et le respect de la vie privée du voisin.
Une vérification en amont permet d’éviter des litiges souvent longs et coûteux.
Besoin d’un avis juridique avant vos travaux ?
Vous envisagez d’aménager une ouverture dans un mur ou la construction d’une terasse, ou vous constatez une fenêtre non conforme chez votre voisin ? Un conseil juridique rapide peut vous éviter bien des désagréments. Contactez le cabinet pour une consultation en droit des biens : nous analysons votre situation, vos plans et vos droits concrets en matière d’ouvertures et de distances légales.
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